Le Conseil d'État rejette le recours d'Alstom – mais les critiques à l’égard de CAF s'intensifient
Le Conseil d'État a rejeté le recours introduit par le constructeur ferroviaire Alstom, qui possède des sites à Bruges et Charleroi, contre l'attribution par la SNCB d'un marché au constructeur espagnol CAF pour la livraison de centaines de nouveaux wagons. La SNCB peut donc en principe entamer les négociations avec CAF en vue d'un contrat d'au moins 1,7 milliard d'euros.
« C'est la confirmation d’une mauvaise nouvelle », réagit Pascal Van Hove, délégué principal de la FGTB Métal. « Nous ne nous faisons plus beaucoup d'illusions. La SNCB voudra aplanir les différends avec le constructeur espagnol CAF le plus rapidement possible afin d'aboutir à la signature d'un accord. »
Selon Pascal, un nouveau rejet était prévisible : « Nous n'avions pas vraiment d'espoir que le Conseil suspende la décision une deuxième fois. Nous trouvons cependant étrange que cela ait pris autant de temps. La dernière fois, le Conseil avait rendu son verdict après seulement 3 jours, alors que cette fois-ci, nous avons dû attendre près de 3 semaines. Entre-temps, nous nous attendions à obtenir le même résultat que dans le cas de la demande de Siemens Mobility. »
Les conséquences pour l'emploi chez Alstom en Belgique pourraient être importantes. « Je crains que cela ne coûte des emplois. Il n'y a actuellement pas assez de travail en perspective. La direction à Bruges fait tout son possible pour trouver de nouveaux contrats, mais c'est difficile. En Belgique, la SNCB est le seul client, il n'y a donc plus beaucoup de choix. Nous nous réunissons régulièrement avec la direction et les autres syndicats pour voir comment avancer. »
Cependant, il faudra encore attendre pour savoir si CAF sera effectivement autorisée à livrer les nouveaux wagons à la SNCB. Bien que le Conseil d'État ait rejeté les plaintes d'Alstom (et auparavant de Siemens), une opposition subsiste en raison des activités de CAF en Israël. CAF figure depuis peu sur une liste des Nations unies répertoriant les entreprises qui collaborent à des colonies illégales sur le territoire palestinien occupé. Cela va à l'encontre du code de conduite de la SNCB, qui exclut toute collaboration avec des entreprises qui violent les droits humains. Le conseil d'administration de la SNCB demande également à CAF des réponses plus claires quant au respect du droit international.
La situation ne semble donc pas très favorable pour Alstom, mais CAF n'a pas encore de certitude à 100 %.
À suivre...